DAKARACTU.COM - Il est hors de question que l’ex-président tchadien, Hissène Habré, soit jugé au Rwanda. C’est le point de vue s de l’Union des ressortissants rwandais au Sénégal (URRS) qui ne manque pas de marquer son étonnement. L’opposition de l’URRS s’explique, selon le président de ladite structure, Samuel Hakizimana, par le fait que «le Rwanda n’est pas du tout un Etat de droit et ne devrait donc pas servir de modèle pour une justice équitable». Il rappelle que non seulement ce pays a refusé de ratifier la convention créant la Cour Pénale Internationale (CPI) mais aussi que le 1er octobre 2010, la Commission des Nations Unies aux Droits de l’Homme a publié un rapport sous le nom de » Mapping report » relatant et documentant les massacres et les exactions perpétrés sur les réfugiés rwandais et les civils congolais en RDC de 1993 à 2003 par les hauts responsables de l’APR- Armée patriotique rwandaise. Ces massacres, fait-il remarquer, ont été qualifiés de « génocide » par les experts des Nations Unies. Il a été par ailleurs prouvé dans ce rapport que les autorités rwandaises actuellement au pouvoir sont sérieusement impliquées dans ces massacres. De la liberté d’expression inexistante au Rwanda au système judiciaire totalement dépendant du pouvoir exécutif, l’URRS est d’avis que toute les conditions sont réunies pour qu’Habré ne soit pas jugé dans ce pays. Et ce d’autant plus que les organisations de défense des droits de l’homme y sont interdites.
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